Le Yémen est confronté à des restrictions croissantes à l’accès humanitaire

Le Yémen est confronté à des restrictions croissantes à l’accès humanitaire

Paris – L’Association Francophone pour les Droits de l’Homme (AFDH) exprime sa profonde inquiétude face à la dégradation de la situation au Yémen, alors que le pays est confronté à une pénurie d’aide dans un contexte de pandémie mondiale.

75% des opérations du programme des Nations unies au Yémen ont dû être interrompues ou réduites car les fonds manquent. Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) a déjà appelé à l’aide le 10 juillet dernier. Deux mois plus tard, la situation reste critique. Les Nations Unis ont déjà supprimé ou réduit 12 programmes alimentaires sur 38 existants. En l’absence de fonds supplémentaires, ce sont 20 autres qui sont menacés. Les rations alimentaires de huit millions de personnes ont déjà été réduites de moitié dans le nord du pays. 24 millions de Yéménites ont besoin d’assistance, selon l’ONU. Soit plus de deux tiers de la population dont 2 millions d’enfants souffrant de malnutrition. Ce chiffre pourrait atteindre les 2,4 millions selon l’UNICEF.

Lors d’un événement humanitaire virtuel organisé par l’Arabie saoudite pour collecter des fonds pour le Yémen en juin 2020, les donateurs se sont engagés à verser 1,35 milliard de dollars pour aider ce pays déchiré par la guerre, ce qui n’atteint pas l’objectif de 2,41 milliards de dollars.

L’AFDH a déclaré aujourd’hui : « Nous ne devons pas nous laisser tromper par la conférence virtuelle des donateurs de l’Arabie saoudite pour collecter des fonds pour le Yémen. L’ingérence de l’Arabie saoudite au Yémen est l’un des principaux facteurs de la crise que traverse le pays. Il s’agit d’un pur blanchiment de crimes ». L’Arabie saoudite a promis de donner 500 millions de dollars, mais 200 millions de dollars de cette somme devaient être versés à l’agence d’aide du gouvernement du royaume, au lieu d’être versés aux ONG travaillant directement au Yémen.

Après plus de cinq années de guerre, le Yémen est confronté à une crise humanitaire massive qui ne cesse de s’aggraver. Frappes aériennes et affrontements meurtriers ont forcé plus de 3,1 millions de personnes à fuir leur foyer depuis mars 2015. 21 millions de personnes, soit 82 % de la population, ont besoin d’aide humanitaire, tandis que 14,1 millions de personnes n’ont pas les moyens de manger à leur faim. Avant la pandémie de COVID-19, le Yémen connaissait des pénuries alimentaires extrêmes, un accès insuffisant à l’eau potable, à l’assainissement et aux soins de santé, ainsi que des épidémies mortelles telles que le choléra et la diphtérie. La corruption a aggravé la crise. Les forces Houthis, qui contrôlent la capitale Sanaa et une grande partie du pays, ont bloqué et confisqué l’aide, refusé l’accès aux plus démunis et restreint les déplacements de civils et de travailleurs humanitaires.

Comme le COVID-19 se propage dans tout le pays, les personnes atteintes de cas graves du virus sont confrontées à des difficultés dues à un système immunitaire déjà affaibli et à l’impossibilité d’accéder à un traitement car les lits d’hôpitaux sont rares. Les personnes atteintes de cas moins graves ne reçoivent pas les soins nécessaires car elles n’ont pas les moyens financiers de le faire. En outre, de nombreux travailleurs de la santé sont tombés malades à cause de mesures de sécurité insuffisantes, telles que l’accès aux équipements de protection individuelle (EPI) et les mesures de lutte contre l’infection dans les hôpitaux.

L’Association Francophone pour les Droits de l’Homme appelle tous les donateurs qui ont fait des promesses de dons à les verser immédiatement. L’AFDH a ajouté : « Le Yémen a besoin d’aide mais il semble que le monde regarde en silence ». Les Nations unies, les pays donateurs et les autres agences ne doivent pas abandonner le Yémen ; le pays a besoin de notre aide maintenant plus que jamais.

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