L’AFDH appelle le Parlement français à ouvrir une enquête sur l’implication de la France dans la guerre en Libye 
Libya Chief of Staff, Marshall Khalifa Haftar, shakes hands with French President Emmanuel Macron (L) after the participants of the International Conference on Libya listened to a verbal agreement between the various parties regarding the organization of a democratic election this year at the Elysee Palace in Paris on May 29, 2018. (Photo by Etienne LAURENT / POOL / AFP)

L’AFDH appelle le Parlement français à ouvrir une enquête sur l’implication de la France dans la guerre en Libye 

Paris- L’Association Francophone pour les Droits de l’Homme (AFDH) exprime sa profonde inquiétude concernant le soutien de la France au chef de l’Armée nationale libyenne (ANL), Khalifa Haftar, en fournissant des armes aux Émirats arabes unis (EAU) et à l’Égypte, impliqués dans le conflit en Libye.

Dans une lettre envoyée aux membres du Parlement français, l’AFDH a souligné le rôle de la France dans l’ascension politique du général Haftar. Paris a fermé également les yeux sur les violations commises par ses milices. Cependant, les forces de l’Armée nationale libyenne ont été accusées d’avoir perpétrées de nombreuses atteintes aux droits de l’homme sur leurs rivaux et les populations civiles. La maréchal Haftar est accusé de vouloir prendre le pouvoir en Libye et d’instaurer une nouvelle dictature militaire. Selon des sources diplomatiques, la France a aidé le maréchal Haftar à mener une guerre sans merci contre des civils au nom de la “lutte contre le terrorisme”. L’ONU a d’ailleurs ouvert une enquête sur des charniers découverts dans les zones contrôlées par le maréchal putschiste, notamment dans la ville de Tarhouna.

L’AFDH s’est montrée de plus en plus préoccupée par les efforts de la France pour impliquer Haftar dans le processus politique dans la ville de Syrte- un intérêt géographique qui semble être la porte d’entrée des grandes installations pétrolières que Haftar veut exploiter pour financer le recrutement de mercenaires et l’achat d’armes.

Bien que la France nie avoir vendu des armes directement à la ANL, elle est un fournisseur d’armes aux EAU et à l’Égypte – et les deux pays n’ont pas caché leur soutien à Haftar. Un rapport confidentiel de l’ONU sur la Libye affirme que la Jordanie, la Turquie et les Émirats arabes unis ont enfreint l’embargo sur les armes imposé depuis 2011 à la Libye. Le code de conduite de l’union européenne (UE) sur les ventes d’armes de 2008 stipule que les armes ne doivent pas être vendues s’il existe un risque manifeste qu’elles soient détournées vers un utilisateur final indésirable ou utilisées contre des cibles amies et alliées telles que le gouvernement d’accord national (GNA) de la Libye.

Depuis 2019, environ 200 000 personnes ont été déplacées à la suite de la reprise du conflit. Les combats se sont traduits par des destructions de biens civils, des pillages, des enlèvements et le déplacement de milliers de personnes. Dans de nombreuses zones de conflit, les civils et infrastructures civiles, y compris médicales, ont subi des attaques aveugles ou ciblées.

L’AFDH estime que toute collaboration entre la France et Khalifa Haftar compromet toute possibilité de trouver une solution politique que le président Emmanuel Macron recherche apparemment. Nous pensons que la France ne soutient pas seulement un criminel mais qu’elle ferme ses yeux sur ses atrocités commises contre des civils innocents. Le soutien de Paris à Haftar ne fait qu’ajouter de l’huile sur le feu et rendre une résolution pacifique de cette guerre civile totalement irréalisable.

L’AFDH appelle le parlement français à ouvrir une enquête sur l’implication du pays en Libye en ce qui concerne les ventes d’armes directes et indirectes afin de s’assurer que la France ne viole pas l’embargo sur les armes.

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