Israël détruit un nombre record de structures  palestiniennes 

Israël détruit un nombre record de structures  palestiniennes 

Paris – Le gouvernement israélien continue de violer les droits de l’homme des Palestiniens au mépris du droit international. La quasi-totalité d’un village bédouin du nord de la vallée du Jourdain, en Cisjordanie occupée, a été démolie par l’armée israélienne le mardi 3 novembre.

Les Nations Unies (ONU) ont qualifié cette démolition comme l’une des plus importantes démolitions illégales effectuées par l’État d’Israël dans les territoires palestiniens occupés depuis des années. Le porte-parole du Secrétaire général des Nations Unies, Stéphane Dujarric, a critiqué les pratiques israéliennes en disant : « Nous les condamnons … et nous nous opposons à ces pratiques, et nous les avons condamnées auparavant”.

Au soir du mercredi 4 novembre, des jeeps militaires israéliens et des bulldozers sont arrivés dans le village de Khirbet Humsa et ont détruit 76 structures, laissant 74 Palestiniens, dont 41 enfants, sans abri. La liaison militaire d’Israël avec les Palestiniens (COGAT) a déclaré qu’elle avait détruit des structures qui avaient été érigées illégalement sur une zone de tirs réels de l’armée israélienne. Khirbet Humsa est l’une des 38 communautés bédouines sur des terres que l’armée israélienne a accaparées pour ses activités de formation, selon l’ONU.

Pendant que le monde suit l’élection américaine, Israël a pu procéder à la démolition sans aucun avertissement préalable aux habitants et ne leur a donné que 10 minutes pour rassembler leurs affaires avant d’éliminer complètement les structures des habitants. L’Association francophone pour les Droits de l’Homme (AFDH) a déclaré dans un communiqué : « Nous sommes profondément préoccupés par le rythme auquel Israël procède à ces démolitions. Israël continue ses graves violations des droits de l’homme, tout en déshumanisant et en nettoyant ethniquement le peuple de la Palestine ».

Au lendemain de la démolition, les habitants, avec l’aide d’un groupe d’activistes locaux de la vallée du Jourdain, ont pu ériger des abris de fortune pour y dormir temporairement et protéger tous les effets personnels qu’ils avaient réussi à sauver avec des bâches en plastique pour les protéger de la pluie. Les forces israéliennes ont également confisqué deux tracteurs et un autre véhicule appartenant aux résidents et ont détruit les structures et les enclos utilisés pour l’élevage du bétail et des moutons.

Depuis 1972, Israël a déclaré la zone comme zone de tir réel. Les résidents bédouins de Humsa ont fait appel à la Haute Cour israélienne pour annuler la démolition imminente de leur hameau. En 2019, le tribunal a rejeté la requête et a décidé que les bergers n’avaient pas le droit de rester dans la zone.

Le Centre d’information israélien pour les droits de l’homme dans les territoires occupés, B’Tselem a déclaré qu’Israël a démoli au moins 2 716 unités résidentielles palestiniennes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est de 2006 au 31 octobre 2020. Au moins 10 639 personnes, dont 5 445 mineurs, ont perdu leurs maisons. Israël ne reconnaît pas des communautés palestiniennes qui sont les principales cibles de ces démolitions et de l’expulsion ultérieure de leurs terres. B’Tselem a rapporté que de 2006 au 31 octobre 2020, les maisons d’au moins 1 105 Palestiniens vivant dans ces villages- dont 528 enfants – ont été démolies plus d’une fois par Israël.

B’Tselem a ajouté qu’ Israël avait accéléré les travaux de démolition dans les territoires occupés en 2020,  en particulier avec le résultat des élections américaines et l’incertitude quant à la politique du président élu Joe Biden vis-à-vis le conflit israélo-palestinienet. Sous la direction du président Trump, son plan « De la paix à la prospérité » a donné à Israël l’autorisation d’annexer environ 30 % de la Cisjordanie occupée, permettant ainsi aux colons israéliens de construire des maisons sur des terres palestiniennes volées. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a clairement annoncé ses plans d’annexion. Tant que Trump sera en fonction, la destruction des maisons palestiniennes se poursuivra sans aucun doute à un rythme accéléré jusqu’à son dernier jour, le 20 janvier 2021.

En vertu du droit international, le recours à la « démolition de maisons » est régi par la quatrième Convention de Genève, adoptée en 1949. L’article 53 stipule : « Toute destruction par la puissance occupante de biens meubles ou immeubles appartenant individuellement ou collectivement à des personnes privées est interdite, sauf si cette destruction est rendue absolument nécessaire par des opérations militaires ». Évidemment, l’armée israélienne a utilisé les « zones militaires de tir réel » comme prétexte pour chasser les gens de leurs terres, alors que le gouvernement israélien se prépare clairement à l’annexion.

Les Palestiniens sont impuissants face à l’occupation israélienne, ils n’ont aucun pouvoir sur leur vie ni aucune protection en vertu du droit international, car celui-ci n’existe apparemment pas pour Israël. Le mépris de Netanyahu pour le droit international a été soutenu par Donald Trump, ce qui a provoqué une plus grande insécurité dans la région et éteint tout espoir d’un plan de paix qui protège les deux parties.

L’AFDH estime que la communauté internationale doit envoyer un message clair à Israël pour lui dire qu’elle condamne ces démolitions qui reflétent une totale apathie pour les droits du peuple palestinien. En outre, la communauté internationale est appelée à atténuer les dommages créés par Donald Trump et rétablir les efforts d’un véritable plan de paix qui s’adresse à la fois à Israël et à la Palestine. Enfin, il faut rappeler à Israël qu’il a adhéré à la quatrième Convention de Genève et que les termes de cette convention sont effectivement applicables aux territoires palestiniens occupés, tout comme tous les traités internationaux relatifs aux droits de l’homme sont applicables à tous les territoires dans lesquels les États parties ont un contrôle, qu’ils exercent ou non leur souveraineté dans ce territoire.

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