Egypte : deux ans de prison pour cinq influenceuses sur TikTok 

Egypte : deux ans de prison pour cinq influenceuses sur TikTok 

Paris – Un tribunal du Caire a condamné lundi à deux ans de prison cinq influenceuses égyptiennes des réseaux sociaux reconnues coupables d’atteinte aux bonnes mœurs, selon une source judiciaire. Le verdict a été prononcé contre Mawada al-Adham, Haneen Hossam et trois autres jeunes femmes, après qu’elles ont publié des vidéos sur le réseau social TikTok, jugées immorales par les autorités du pays conservateur. Toutes sont en état d’arrestation.

Outre les deux ans de prison, elles doivent payer chacune une amende de 300.000 livres égyptiennes (près de 16.000 euros), selon la source judiciaire. Elles peuvent faire appel du verdict. Haneen Hossam et Mawada al-Adham, arrêtées respectivement en avril et mai, font partie d’une dizaine d’influenceuses prises pour cibles ces derniers mois. La première a 1,3 million d’abonnés sur TikTok et la seconde 2 millions.

Les femmes ont été reconnues coupables de « violation des valeurs et des principes de la famille égyptienne », de « trafic d’êtres humains », de « partage de vidéos incitant à l’immoralité afin d’accroître leur audience » et d' »incitation des adolescentes à partager publiquement des vidéos avec les leurs en termes d’immoralité ». Les trois autres  femmes ont également été accusées d’avoir passé des appels vidéo inappropriés avec des hommes.

La répression des femmes influenceuses sur TikTok a commencé le 23 avril 2020 avec l’arrestation de Haneen Hossam, suivie par plus d’un million d’abonnés. Elle propose à ses fans de collaborer avec elle sur les réseaux sociaux. Elle offre aux femmes de plus de 18 ans la possibilité de gagner environ 2 500 à 3 000 dollars grâce à des chats vidéo en direct avec des étrangers. Son message a été interprété comme une promotion de la prostitution.

Une autre affaire concerne Mawada El-Adham, 22 ans, véritable vedette sur TikTok qui affiche aussi deux millions d’abonnés sur Instagram. Elle a été arrêtée par les autorités qui l’ont accusée de publier des vidéos incitant à “l’immoralité” et aller à l’encontre des mœurs de la société égyptienne. Le ministère de l’intérieur égyptien a déclaré qu’El-Adham a été arrêtée pour « violation des valeurs familiales » et « création, gestion et utilisation de sites web et de comptes sur les médias sociaux dans le but de commettre ces crimes ».

En Egypte, des militants et des militantes ont lancé une campagne électronique appelant à la libération immédiate de toutes les femmes arrêtées pour débauche. Les neuf femmes actuellement détenues sont Haneen Hossam, Mawada El-Adham, Renad Emad, Menna Abdel Aziz, Sherry Hanem, Nora Hesham, Manar Samy, Hadeer Hady et Bassant Mohamed.

Dans une déclaration faite aujourd’hui, l’AFDH a estimé que « priver ces femmes de la liberté d’expression sur les réseaux sociaux est une violation de leurs droits humains et de leurs droits à la liberté digitale « .

La loi égyptienne relative à la morale et aux traditions de la société est souvent utilisée de manière très large, ce qui permet aux autorités de formuler de vagues accusations.

La décision du tribunal peut faire l’objet d’un appel.

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