Cinq ans après la guerre, le Yémen fait face au coronavirus

Cinq ans après la guerre, le Yémen fait face au coronavirus

Paris – Alors que la pandémie du virus corona continue sa diffusion largement dans le monde entier faisant jusqu’à présent (24 mars) plus de 17 000 de morts et 400 000 contaminés, les craintes grandissent que cette épidémie se propage au Yémen, ce pays en guerre depuis cinq ans.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), aucun cas de nouveau coronavirus n’a été enregistré dans ce pays. Mais, après cinq ans de guerre, une épidémie serait dévastatrice dans un pays menacé par la famine, frappé par des épidémies de la dengue et du choléra et souffre d’un système de santé en déliquescence.

Le Yémen est en proie à un conflit meurtrier entre les forces gouvernementales et les rebelles “Houthis” soutenus par l’iran. Après la prise du pouvoir par les rebelles à Sanaa en janvier 2015 suivie de la fuite du président Abd Rabbo Mansour Hadi de la capitale, une coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite est intervenue en mars 2015 pour venir en aide au gouvernement.

Plusieurs pays arabes ont participé à la coalition lors de son lancement, mais la plupart se sont retirés plus tard. Les États-Unis et la Grande-Bretagne ont fourni un soutien logistique aux opérations et accéléré la vente d’armes aux pays de la coalition. L’intervention de la coalition a déclenché un conflit armé global au Yémen qui a dégénéré en la pire crise humanitaire au monde, selon l’ONU.

Amnesty International révèle que les Émirats arabes unis ont fourni de véhicules blindés, de mortiers, de fusils, de pistolets et de mitrailleuses qui sont vendus illégalement à des milices agissant en dehors de tout contrôle et accusées de crimes de guerre et d’autres graves exactions.

 

L’effondrement du système sanitaire

Le Yémen ne dispose pas d’assez de moyens pour faire face à une nouvelle épidémie mondiale que les grands pays dotés de capacités financières énormes et de systèmes de santé solides sont incapables d’y faire face. Selon des rapports, la destruction des infrastructures, notamment des installations médicales, des systèmes d’approvisionnement en eau, des routes et des systèmes nécessaires à la sécurité alimentaire, menace aujourd’hui d’aggraver une situation humanitaire déjà catastrophique au pays. Selon les Nations Unis, moins de 50 % des établissements de santé fonctionnent au Yémen, alors que 19,7 millions de personnes ont besoin de soins.

 

Un record de 4 M de déplacés 

Depuis le début du conflit, 4 millions de personnes, soit plus de 11 pourcent de la population du Yémen, ont été contraintes de fuir leurs habitations pour se mettre en sécurité. Selon l’Organisation internationale pour les migrations, les personnes déplacées vivent dans les rues et sont exposées à des problèmes de santé.

Le Yémen accueille également plus d’un quart de million de réfugiés d’Éthiopie et de Somalie, dont la plupart vivent dans des conditions précaires.

 

Recommandations

Compte tenu des risques de la pandémie du Covid-19 et de la propagation des épidémies et des maladies au Yémen, le pays a un besoin urgent de redoubler d’intervention humanitaire et de fournir le plus grand soutien nécessaire à son système de santé.

L’Associations Francophone pour les Droits de l’Homme (AFDH) estime que les pays de la coalition ont la double responsabilité de fournir les aides humanitaires nécessaires pour les civils au Yémen, en particulier le soutien sanitaire et de permettre aux hôpitaux de faire face à cette épidémie en cas de propagation.

Le temps est venu pour une intervention internationale pour mettre fin à la guerre menée par la coalition de l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, leurs forces étant impliquées dans des violations contre des civils au Yémen au cours des cinq dernières années.

Les violations graves du droit international humanitaire au Yémen nécessitent la création d’un mécanisme international de réparation et d’indemnisation des victimes.

Les États appartenant à la coalition doivent ouvrir une enquête indépendante sur les violations des droits humains au Yémen et amener les responsables à rendre des comptes.

L’AFDH réitère son appel à cesser de fournir des armes aux parties au conflit yéménite, servant à perpétrer des violations du droit international humanitaire, dont des crimes de guerre.

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